[Draeneï]Océa

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[Draeneï]Océa

Message  Anaria le 2011-05-11, 21:09

Le vent glacial venait mordre ses os déjà transis. Sa peau, bien qu’endolorie par le froid, brûlait comme si elle était en train de se consumer. Couchée dans ce linceul de givre, Océa savait sa fin proche.

Elle savait qu’elle ne pourrait se redresser pour sauver sa vie, que ses jambes ne la porteraient plus et que ses blessures lui seraient fatales avant d’atteindre un camp. Elle avait pourtant tenté de se redresser, mais elle ne pu tenir que quelques instants debout. Suffisamment pour voir cette plaine blanche sans fin, celle qui allait être leur tombeau. Elle avait aussi pu voir le massacre de ses compagnons d’armes.

Le spectacle transforma l’effort en résignation. Ils allaient mourir, elle allait mourir ici.
Tout autour d’elle, on entendait encore le râle d’agonie de certains, alors que d’autres avaient déjà fermé à jamais leurs paupières.
Elle espérait que leurs corps seraient ramenés auprès des leurs, qu’elle pourrait reposer auprès de son peuple.
Elle pensait à tous ceux qui avaient laissé un être cher pour partir dans cette expédition. A ces vies qui se briseront quand on annoncera la mort d’un ami, d’un mari, d’un fils ou d’un père. Il n’y avait pas beaucoup de femmes qui s’étaient présentées, et la majorité d’entre elles étaient resté au camp pour préparer le retour des soldats.

Elle n’était que deux à être partie au combat, Bira, une jeune femme farouche et impulsive, et elle-même. Elle se souvient de l’annonce de l’expédition. C’était une journée comme les autres à l’Exodar, et en pleine journée on annonçait qu’un régiment avait disparu dans les terres gelées du Norfendre. Il fallait les secourir.
Cette Bira s’était présentée la première, avant tous les hommes, malgré les tentatives de dissuasion de sa mère. La pauvre femme n’avait rien pu faire face à l’entêtement de sa fille.

Océa était une guerrière. Elle avait choisi de manier les armes ; telle serait sa vocation et sa vie. Elle n’avait plus de souvenirs bien distincts de son existence avant le crash du vaisseau draenei sur Azeroth. Elle se faisait un devoir de secourir les siens, et c’est ainsi que quelques jours plus tard elle était dans la capitale humaine, Hurlevent,, en train d’embarquer sur ce navire qui la mènera à son destin funeste…

Un des corps encore vivants près d’elle lâcha un sanglot, et tourna la tête vers lui. Il semblait jeune, trop jeune pour mourir ainsi. Il ne pu pleurer longtemps, la mort vint vite quérir son âme.

Océa priait, sans cesse, les Naa’ru pour qu’ils abrègent sa vie. Elle ne voulait pas être la dernière. La neige se teintait progressivement de sang et bientôt elle ne sentit presque plus le froid, tellement elle était étouffée par les vapeurs chaudes et acides de
l’hémoglobine. Elle allait s’endormir dans ce qui semblait être son dernier sommeil lorsqu’un bruit de sabot se fit entendre. D’abord au loin, puis de plus en plus proche. On galopait vers eux.
L’espace d’un instant, un éclat d’espoir envahi la jeune draenei mais il fut vite dissipé lorsqu’elle vu la sombre silhouette encapuchonnée.
Un de ces hommes ayant perdu toute dignité pour servir le Roi Liche…un chevalier de la mort…

Il errait entre les corps, regardant une à une les dépouilles, s’emparant de temps en temps de la lame d’un vaincu. Cette abomination était –elle un de leurs bouchers ? Venait-il contempler le travail de ses immondes créatures ?

Océa ne pouvait détourner ses yeux de lui, sa seule présence rendait son trépas bien plus douloureux. Il avait une pierre à côté d’elle, et sans réfléchir, elle s’en empara dans un dernier saut d’énergie et l’envoya sur le chevalier. Ce dernier attrapa le projectile d’une main, et la réduisit en poussière quand il resserra son poing avant de descendre de son destrier squelettique.

Dégainant une lame à l’aura bleutée comme une flamme, il se dirigea vers elle.
Peu lui importait, qu’il l’achève, mais au moins elle pourra mourir en ayant provoqué un des généraux du Roi Liche.

Elle n’imaginait pas que ce dernier allait lui faire don, d’une malédiction, un sort bien pire que la mort…A partir de là, tout devint flou, elle ne vu que le sourire féroce de son agresseur, l’éclat de sa lame…et son esprit fut glacé par cette voix rauque qui retentit dans sa tête :

Ta volonté ne t’appartient plus…


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